La séquence génétique du blé est enfin achevée

Le Consortium international de séquençage du génome du blé, au sein duquel l’INRA, l’Institut national de la recherche agronomique, a joué un rôle de premier plan, a annoncé la publication de la première séquence de référence du génome du blé dans Science le 17 août. Les équipes françaises de l’INRA et de plusieurs autres agences, organisations et universités ont contribué à cette avancée scientifique majeure en raison de la taille et de la complexité de ce génome – cinq fois plus grand que le génome humain et 40 fois plus grand que celui du riz.

Ce résultat permettra d’identifier des gènes d’intérêt agronomique, ouvrant de nouvelles perspectives pour l’amélioration des variétés de blé face aux défis planétaires futurs. Il s’agit également d’une étape importante dans le développement de notre compréhension fondamentale de la fonction et de l’évolution de ce génome complexe.

Avec plus de 220 millions d’hectares, le blé panifiable est la céréale la plus cultivée au monde. Produit alimentaire de base pour 30 % de la population mondiale, le blé est aussi, avec le riz, la céréale la plus consommée dans l’alimentation humaine, fournissant en moyenne 20 % des besoins nutritionnels quotidiens moyens des populations du monde entier. Pour répondre à l’évolution des besoins nutritionnels d’une population mondiale croissante tout en répondant aux attentes environnementales et sociales, une augmentation annuelle des rendements de 1,7% est nécessaire. Pour réussir à obtenir cette augmentation, un niveau d’avancement sans précédent depuis la Révolution verte des années 1960 doit avoir lieu tant dans l’amélioration variétale du blé que dans les pratiques agronomiques.

L’analyse de cette séquence a permis de localiser avec précision plus de 107 000 gènes, dont certains sont potentiellement impliqués dans la qualité des grains, la résistance aux maladies et la tolérance à la sécheresse. Il a également permis le développement de plus de quatre millions de marqueurs moléculaires, dont certains sont déjà utilisés dans des programmes de sélection génétique.

Au-delà de son objectif d’amélioration du blé, ce séquençage permet également une meilleure compréhension de ce génome, l’un des plus importants et des plus complexes du monde végétal. Il est maintenant possible d’étudier l’organisation et l’expression génétique de cette plante ou même de mettre en lumière les mécanismes évolutifs qui ont joué un rôle dans la formation de ce gène il y a environ 10 000 ans.

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